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Un siècle d’évolution des bandes-annonces d’Hollywood

Une bande-annonce de film est une mise en bouche d’autant plus particulière qu’elle symbolise, à sa manière, l’évolution des époques, mais aussi de notre rapport à l’image. Du star system des années 30 aux expérimentations des années 60, des intrigues linéaires des années 80 au règne de l’image choc des années 2000, retour sur un siècle d’évolution des bandes-annonces d’Hollywood.

 

Années 20-40 : National Screen Service et production standardisée

La production de bandes-annonces à grande échelle commence véritablement dans les années 20, époque à laquelle les studios confèrent un véritable monopole au National Screen Service. La NSS produit donc des bandes-annonces standardisées et qui obéissent aux même codes pendant près de vingt ans.

La recette :

  • Un narrateur, décrivant l’incroyable aventure dans laquelle nous allons nous plonger.
  • Des plans faisant la part-belle aux stars, présents sur 2/3 des 3 minutes de bande-annonce, comme dans Casablanca.
  • Des transitions dignes des power points les plus clichés
  • Enfin les fameux « fly in titles», ou incrustations de texte, qui servent à planter le décor et introduire les acteurs.

On conserve : les fly in titles et la présentation des acteurs. S’ils n’ont pas été systématiquement utilisés par la suite, ils ont traversé les âges et il n’est pas rare de les retrouver aujourd’hui, sous une forme plus moderne bien évidemment !

Bande-Annonce : Casablanca

Années 60-70 : Auteurs et expérimentations visuelles

Les années 60 constituent une période particulièrement riche pour le cinéma d’auteur. Jamais le septième art n’aura autant été un champ d’expérimentations débridées. Cette exubérance artistique se reflète donc logiquement sur les bandes-annonces, qui se démarquent de la logique fordiste de la NSS.

La recette :

Il n’y en a pas. Démonstration en trois temps :

  • Pour « Psycho», Hitchcock choisit de présenter lui même le film, utilisant un montage extrêmement lent, avec un premier plan de près d’une minute trente.
  • Stanley Kubrick adopte une approche radicalement opposée pour «  Docteur Folamour », en réalisant une bande-annonce où les plans courts couplés à des insertions de textes s’enchaînent à toute vitesse.
  • Même si l’on quitte Hollywood, on notera que Jean Luc Godard, pour « À bout de souffle », détourne les codes de la NSS en enlevant la musique et en ôtant tout aspect dramatique à la bande-annonce.

On conserve : la liberté de ton, que l’on retrouvera par intermittences à partir de la seconde moitié des années 2000, et qui s’exprime par une franche opposition au modèle hollywoodien classique.

Bande-Annonce : Docteur Folamour

Années 80-2000 : Explosions et résumés de films en 3 minutes

Les années 80 marquent la domination sans partage des blockbusters, des films de pur divertissement aux budgets aussi gonflés que les biceps des stars qui les peuplent. Et dans cette nouvelle ère, la bande-annonce est au cœur de la stratégie. Le concept tient en trois mots : plus gros, plus puissant, plus explicite. Il ne faut donc pas surprendre : la quasi totalité de l’intrigue est révélée dès la bande-annonce et le film est au final la version longue de ce qu’on a promis aux spectateurs en trois minutes.

La recette :

  • La « voix de Dieu ». Sans doute l’ingrédient le plus reconnaissable, la voix de Don La Fontaine. Son timbre profond nous accompagne durant tout le trailer à coup de « In a world … » « One man… » et autres « At a time… »
  • Un montage de plus en plus rapide : en plus de dévoiler l’intégralité du film, la bande-annonce d’Independence Day compte ainsi 84 images en 2,30 minutes. Une tendance qui s’accélèrera encore plus dans les années 2000.
  • Une débauche d’effets spéciaux, de préférences catastrophiques

On conserve : le dévoilement dans les grandes largeurs de l’arc narratif, qui ne doit laisser aucune surprise au spectateur qui doit en avoir pour son argent.

Exemple : Hollywood faisant parfois preuve de sens de la dérision, la recette de la bande-annonce de blockbuster parfaite est donnée… par la bande-annonce de H2G2 : Le Guide du Voyageur Galactique.

Bande-Annonce : H2G2 Le guide du voyageur

Années 2010 : entre matraquage et différenciation

Avec le développement de la vidéo sur Internet, les bandes-annonces deviennent des objets de divertissement à part entière et jouent un rôle de plus en plus central dans la stratégie marketing des distributeurs. Dans cette bataille pour la visibilité et le buzz, la bande-annonce n’est plus un moyen de raconter une histoire, mais de mettre en valeur les images les plus marquantes du film, ou du moins de lui donner une identité visuelle unique.

La recette :

Deux tendances, parfois complémentaires, s’affrontent :

  • La première est un accroissement du nombre de bandes-annonces, devenues des « save the date » dégainés à intervalles réguliers D’une part, l’apparition des « teaser trailer », qui ne sont rien de moins que des « bandes-annonces de bandes-annonces » ! Leur but est de créer de l’attente en faisant saliver les fans parfois jusqu’à un an avant la sortie du film comme ce fut le cas avec celui de Star Wars Episode VII.
  • La seconde va vers une recherche de l’originalité et de la différenciation, l’objectif étant de créer un objet unique pour mieux marquer les esprits. La « voix de Dieu » ou le discours sur l’Amérique triomphante sont remisés au grenier. Dans les années 2010, ils sont remplacés par un montage image / son ponctué d’insertions de textes sur fond noir ou de la voix off d’un personnage principal (Au cœur de l’Océan, Avengers : l’âge d’Ultron ou encore The Social Network). Certaines se payent même le luxe de faire fi de toute narration, comme Watchmen.

On conserve : La créativité aujourd’hui diffère de celle de passé en ce sens qu’elle n’est plus obligée de raconter ce qui va suivre. Il lui suffit de montrer. L’aspect visuel a clairement pris le dessus sur l’aspect narratif.

Bande-Annonce : Watchmen

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Crédit : 70653591

 

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À propos de l'auteur
Consultant en communication et concepteur-rédacteur, Yacine Kouhen coache managers et speakers d’organisations européennes et internationales (Banque mondiale, TED Talks), ainsi que d’entreprises multinationales (Bayer, Linklaters).

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