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Mieux comprendre le business model des Youtubers

Norman, Cyprien, Natoo, devenus connus sur la toile ces dernières années, accumulent aujourd’hui les millions d’abonnés sur leurs chaînes Youtube respectives. Derrière le divertissement de vidéos ludiques tournées au départ en amateurs, peut pourtant se cacher un business bien rôdé. PewDiePie, Youtuber le plus suivi au monde, gagnerait en effet 4 millions de dollars par an.  Retour sur les façons dont les Youtubers font leur beurre.

 

YouTube et Google AdSense, première étape de la monétisation

Lorsque vous mettez en ligne un contenu sur YouTube, le réseau social propose désormais systématiquement d’activer ou non la monétisation sur votre vidéo, ce qui implique la création d’un compte AdSense.

"On estime généralement qu’en moyenne, 1000 vues vous rapporteront un dollar."

Une fois mise en place, le réseau social va chercher à diffuser de la publicité avant, pendant ou après vos vidéos : on appelle ça les pré-roll, mid-roll et post-roll. On estime généralement qu’en moyenne, 1000 vues vous rapporteront un dollar, une fois le ratio de 55% des recettes publicitaires revenant à Google déduit. Pas de quoi fouetter un chat donc,  a priori.

Cependant, si le géant de la vidéo interdit à ses « membres créateurs » de révéler la nature de leurs revenus, on ne peut qu’estimer ceux-ci à plusieurs millions par an pour les broadcasters les plus influents. Ainsi, avec plus de 42 millions d’abonnés sur sa chaîne et plusieurs milliards de vues cumulées sur ses vidéos, PewDiePie est en haut de la liste des millionnaires qui ont fait fortune grâce au site. Notons également que la rémunération par vue va différer selon votre niveau de popularité ainsi que le niveau d’engagement de l’audience dans les publicités proposées, facteur sur lequel les Youtubers n’ont aucun contrôle.

Le placement de produit, clé de voûte des revenus des Youtubers

Outre le nombre de vues, les Youtubers qui ont franchi les premières étapes de la popularité et sont parvenus à se créer une véritable fan base (à l’instar de Norman), ou à développer un contenu spécifique qui attire les clics de par son caractère informatif (EnjoyPhoenix pour ses tutos beauté, par exemple) accèdent à une autre source de revenu bien moins neutre, mais souvent plus conséquente : le placement de produit.

"Le placement de produit s’est vite exporté du cinéma vers la production maison des Youtubers."

Très répandu dans les vidéos qui vont aborder des thèmes comme le lifestyle, la cuisine, ou les astuces beauté, le placement de produit s’est vite exporté du cinéma (n’avez-vous pas remarqué que James Bond s’était mis à la bière récemment ?) vers la production maison des Youtubers. Ainsi, il n’est pas rare pour une EnjoyPhoenix de déballer face à la caméra des produits qu’elle utilisera par la suite dans ses tutoriels beauté (les fameuses vidéos « haul » connues des blogueuses mode).

Les nababs de l’humour 2.0 ne sont également pas en reste, et en 2015, les trublions de Suricate sortaient même un long-métrage, Les Dissociés, financé à  80% par du placement de produits. En effet, ces placements peuvent parfois être rémunérés à hauteur de plusieurs dizaines de milliers d’euros par les marques désireuses de profiter de la popularité des Youtubers.

Les_Dissocies ©Antoine Behaeghel

Droits de diffusion et réglementation de placements de produits : YouTube impose sa loi

D’autres éléments interviennent cependant également dans la qualité des revenus générés. Ainsi, ceux-ci vont varier non seulement en fonction du nombre de vues sur vos vidéos, de l’audience et de son utilisation d’AdBlock, mais aussi de la nécessité ou non d’un recours à un network.

Les networks sont des sociétés qui vont vous permettre de vous protéger des risques de suppression de vos vidéos liés à l’utilisation de contenu dont vous n’auriez pas les droits de diffusion. En contrepartie, les networks peuvent ponctionner une part des revenus générés par votre chaîne, généralement entre 10% et 20%.

D’autre part, YouTube a très récemment renforcé sa réglementation quant aux placements de produits dans les vidéos, arguant que ceux-ci pouvaient rentrer en conflit avec la publicité traditionnelle faite sur le site. Ainsi, plus moyen d’afficher ostensiblement le logo de la marque sponsor en début de vidéo, sous peine de la voir supprimée.

 

Crédit photo : Les Dissocies ©Antoine Behaeghel

Crédit iStock : 16207203 Trevor Smith


À propos de l'auteur
Diplômée de l'École Supérieure de Commerce de Marseille, Emilie aime aujourd'hui à manier les questions de société autant que la stratégie marketing. Elle écrit pour VICE, et a fait ses armes au sein du site d'infotainment Topito. Issue de la génération Y, la technologie et l'internet n'ont pas de secret pour elle.

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