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Maîtriser l’art du portrait photo avec Bruno Clément

Bruno Clément poursuit un travail de photographe portraitiste, un talent qu’il met notamment à profit dans le secteur publicitaire. Pour iStock, il a bien voulu partager sa démarche et distiller quelques savants conseils pour les amateurs éclairés et professionnels désirant améliorer leur pratique du portrait.

Déceler le potentiel narratif d’un individu

Bruno Clément est un casteur hors pair, passionné par la diversité des individus. Pour lui, un bon portraitiste est avant tout un physionomiste pointu : « Le portraitiste doit s’intéresser à l’humain. Il doit être capable de deviner le potentiel narratif des personnes, même si celui-ci reste tout de même subjectif d’un photographe à un autre. »

Le plus important pour Bruno Clément est d’être conscient de son intention, de la raison pour laquelle on souhaite immortaliser une personne. Selon lui, l’erreur classique de l’amateur est de ne pas aller jusqu’au bout de son intention : de la lumière au cadrage en passant par le décor… Tous les choix sont permis, mais rien ne doit être laissé au hasard.

Ainsi, pour sa série Urbaine Sensible, il a décidé de photographier des personnes sous représentées, tout en utilisant les codes de la photographie publicitaire : « Elle montre une facette de la jeunesse vivant dans les quartiers. Ces populations, en plus d’être stigmatisées, sont sous représentées dans les médias. L’idée étant de montrer l’énergie, l’optimisme, le style et la force qui se dégage de cette jeunesse. »

Portrait tiré de la série Urbaine Sensible

Mais qu’entend Bruno Clément par “potentiel narratif” ? C’est un tout qui englobe aussi bien l’apparence de la personne que son intelligence, son vécu. En ce sens, il est important de prendre le temps de connaître son modèle avant de le shooter. Pour Bruno, cela peut être une affaire de quelques minutes comme de plusieurs mois. Appréhender le potentiel narratif de quelqu’un demande de la patience et un intérêt sincère pour la personne. Le portrait devient alors le résultat final d’un processus relationnel noué entre un photographe et son modèle.

Être à l’écoute de son modèle comme de son client

Dans le contexte de la commande publicitaire, le talent du portraitiste réside entre autre dans sa capacité à diriger le modèle, à le mettre à l’aise dans un temps imparti. Et pour gagner la confiance de celui-ci, Bruno Clément nous affirme qu’il faut parfois faire preuve d’une grande capacité d’improvisation : « Sur la campagne INPES, l’un des adolescents n’avait jamais été pris en photo. Il était timide, j’ai compris par son attitude qu’il avait besoin de se défouler pour lâcher prise. Nous avons donc fait quelques séries de pompes ensemble. C’était très inhabituel et assez surprenant pour le client, mais cela m’a permis de créer la relation de complicité indispensable pour obtenir la photo escomptée ! »

Le portrait retenu pour la campagne INPES par l’agence LEG, après les quelques séries de pompes en question !

La relation avec le client est également au cœur du travail du portraitiste professionnel, qui comporte une part importante de pragmatisme. Pour réussir en tant que professionnel, il est important selon Bruno de disposer d’une bonne culture photographique, évidemment, mais également de bien connaître le marché et ses acteurs, à la manière d’un entrepreneur. Le photographe professionnel doit savoir se vendre, mais avant de parler de soi, il doit écouter : « Le client a besoin d’être rassuré. Le photographe doit se mettre à la place de son client et comprendre ses besoins. Encore mieux : il doit les anticiper sans que le client ait à les formuler ! »

Le studio, cadre neutre idéal pour le portraitiste

Le choix du cadre de prise de vue dépend également de l’intention du photographe. Afin de tirer le meilleur parti du potentiel narratif de la personne, Bruno Clément privilégie souvent l’usage du studio : « À mes yeux, le studio est un dispositif neutre qui permet d’étudier méthodiquement l’état émotionnel de mes modèles. Le studio, c’est le rêve d’une utopie : cet espace “hors de tout” me permet de me concentrer exclusivement sur l’humain. »

Sa série Youth illustre l’intérêt du travail en studio, qui offre un espace de maîtrise total pour le photographe. Dans cette série, les fonds neutres permettent de se concentrer exclusivement sur les modèles. En ce sens, le studio constitue un cadre idéal pour aiguiser son œil de portraitiste.

Portrait tiré de la série Youth.

Crédits : Alba, portrait tiré d’un projet beauté par Bruno Clément


À propos de l'auteur
Polymorphe, diplômée de Sciences Po et photographe plasticienne. Cultive l’indépendance et les collaborations éclectiques, avec les agence de communication comme les groupes de musique. Couteau-suisse chez Oh Ah (direction de création) et auprès d’UBTrends (prospective urbaine). Passion enthousiaste pour les images, l’exploration, l’expérimentation, l’échange libre des idées, tout ce qui sort du commun… et Franck Zappa.

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