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Le smiley sous toutes ses formes

Utilisé chaque jour par des millions d’utilisateurs, le smiley est le sourire le plus polémique du monde ! Ses origines et inventeurs sont pléthores et son histoire a été marquée par des batailles juridiques et autres règles d’utilisation implicites. Entre langage et objet d’art, (re)découvrez-le sous toutes ses formes !

L’histoire du smiley : du 17ème à l’emoji en passant par… Georges Pompidou !

Qui a inventé le smiley ? Qui en possède les droits d’auteur ? La question a longtemps divisé. Il faut dire que l’idée de dessiner avec des signes de ponctuation apparaît déjà dans le morse dès 1850 et à la fin du XIXe siècle dans la presse américaine. Mieux encore, un article du Figaro datant d’avril 2014 nous informe qu’un blogueur américain prétend avoir découvert la frimousse glissée dans un poème de Robert Herrick datant de 1648 et intitulé To Fortune !

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© lefigaro.fr

Joyeux emblème de la culture techno des années 90, le smiley serait officiellement apparu pour la première fois dans l’édition du New York Herald Tribune du 10 mars 1953, avant de refaire surface en 1963 au sein d’une compagnie d’assurance comme support d’une campagne interne destinée à remonter le moral des employés. Son « inventeur » d’alors, un certain Harvey Ball, ne pense pas à protéger sa création, qui reste dans le domaine public aux États-Unis.

L’idée donc (de génie !) consistait à déposer le brevet de la petite pastille jaune. Après presque dix années de foire d’empoigne, c’est finalement au français Franklin Loufrani, homme de médias et publicitaire que revient la médaille en 1971. L’histoire est ici aussi savoureuse… Afin de détourner l’opinion d’un nouveau scandale, les équipes de Georges Pompidou auraient appelé à l’aide le patron de France Soir. Ce dernier décide alors avec Loufrani de mettre en valeur les bonnes nouvelles en les illustrant du sourire jaune. Malin, Franklin Loufrani a pris soin auparavant de déposer le logo à l’Institut national de la propriété industrielle (INPI). Banco !

Inondant aujourd’hui nos mails et nos textos de sa version ponctuation – deux points ou point virgule, tiret, parenthèse –  le smiley a changé de visage au cours des dernières décennies. Aujourd’hui, l’utilisation massive des emojis – terme provenant du japonais par la contraction des mots « images » et « lettre » – directement intégrés dans nos claviers de téléphone, a rendu le smiley presque vintage !

Smiley Face : une expression artistique qui va des pierres à la toile, en passant par le papier

Le smiley prend donc déjà des airs de revival. Rien d’étonnant donc à ce que les plasticiens, ces deux dernières décennies, aient eux aussi repris le petit sourire.

Ainsi, l’artiste français Joey Villemont réécrit par exemple complètement l’histoire du smiley, retrouvé gravé sur de mystérieuses pierres préhistoriques au large des côtes bretonnes. Comme il l’explique pour Vice, « dans les formes du smiley, deux points et une courbe, il y a quelque chose de primaire. Lors d’un séjour sur les cotes bretonnes, puis en Angleterre et en Écosse, j’ai découvert de mystérieuses gravures sur pierres qui rappelaient ces formes-là. J’ai donc voulu replacer le smiley dans un contexte historique plus large et repartir bien avant l’acid house et Harvey Ball, le créateur du smiley moderne. Au départ, mon intention était de le ramener à son expression la plus simple : une innocence graphique qui tentait d’exprimer quelque chose à une époque où l’on n’avait pas de traducteurs ou de dictionnaires pour se comprendre. ».

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© Joey Villemont & I-DMagazine

Mais il n’est pas le seul. Le belge Xavier Mary ou l’américain Grear Patterson nés dans les années 80 reprennent le symbole, ses doubles sens culturels et générationnels. Juste avant ça, Bruno Peinado, Olivier Babin ou Elizabeth Berdann s’étaient amusés eux aussi à caricaturer la petite face jaune. Même Takashi Murakami – ou plutôt devrait-on dire surtout Takashi Murakami – inspiré de l’art japonais des mangas, a peint une série de tableaux représentant un parterre fleuri d’émoticônes smiley au sourire exacerbé.

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© Grear Patterson

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© Elizabeth Berdann

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© Takashi Murakami

« Notre sensibilité à l’utilisation de ces symboles s’accroît à mesure que nous passons du temps sur les réseaux sociaux et sur nos smartphones, qui en sont peuplés. De nombreuses barrières disparaissent en ligne. Cela a aussi à voir avec la façon dont nous considérons ces images : nous les combinons et nous nous les approprions librement, comme des outils : des outils de notation, de soutien, de présence… » conclut Joey Villemont. Comment pourrait-on s’en passer ?

40279026 Kemalbas


À propos de l'auteur
E.R. est critique d’art et commissaire d’exposition indépendante. Diplômée de l’Ecole du Louvre, elle vit et travaille entre Paris et Bruxelles.

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