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Le grand détournement des banques d’images par John Oliver, Vince Vaughn et Ratatat

Les contenus de stocks traînent encore une réputation impersonnelle, héritée du début des années 2000. Si la situation a bien changé depuis, trois usages prennent le contrepied de ceux qui les considèrent encore, à tort, aussi divertissants qu’une session parlementaire.

L’humanisation : John Oliver dialogue (méchamment) avec les modèles

Beaucoup de Français ont découvert John Oliver lors de sa sortie enflammée à la suite des attentats du 13 novembre. Depuis déjà plus d’un an, ce british exalté aux faux airs d’intello marque de son empreinte le monde du divertissement télévisuel américain avec « Last Week Tonight », où il part dans des croisades aussi délirantes que jouissives sur des évènements marquants de l’actualité.

L’un des gimmicks comiques du show s’appuie sur une utilisation des banques d’images, conçues pour garantir un effet comique calibré au millimètre. Sa recette ? Humaniser des visuels standardisés. À l’extrême.

Oliver prend donc le contrepied de cette réputation pour s’adresser aux modèles photographiés comme s’il s’agissait de personnes réelles. Le plus souvent pour crier sur ces pauvres innocents…

Pour découvrir un savoureux best confectionné par le Huff Post, c’est ici !

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L’autodérision : Vince Vaughn et Dave Franco transformés en clichés de banque d’image

 Dans la battle finale du film 8 Mile, Eminem utilisait une habile stratégie de coupage d’herbe sous le pieds, slammant à l’avance ce sur quoi son adversaire allait l’attaquer. Le message était clair : l’autodérision, c’est puissant.

Message parfaitement compris par iStock by Getty Images, qui à la sortie du film Unfinished Business (ou Jet Lag en français), réalise un coup marketing audacieux en jouant sur le second degré des clichés les plus corporate des banques d’images.

Afin de faire comprendre que ces clichés « old school » ne résument nullement l’étendue du savoir-faire de la marque, Getty a donc fait appel aux stars du film pour casser cette image dépassée. Vince Vaughn, Tom Wilkinson et Dave Franco ont ainsi été photoshopés sur des photos iStock existantes mises par la suite gratuitement à disposition des internautes.

Le fait de voir visages connus crée un sentiment particulier de décalage comique… À une époque où le second degré est la star des réseaux sociaux, l’opération joue habilement sur l’autodérision. Comme disent les anglo saxons, spot on !

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L’absurde : Drogue et banques d’images, par Ratatat

Pour finir en beauté, coup de projecteur sur le plus singulier de ces trois contrepieds. Pour le vidéoclip de son morceau « Drugs », sorti en 2010, le duo New Yorkais Ratatat a utilisé un montage de vidéos Getty pour un résultat qui oscille entre le déconcertant, le délirant et le carrément creepy.

Le concept est en soi relativement simple : une série de modèles se succèdent à l’écran dans le cadre d’un tournage. Mais la succession de ces images, le montage et la musique produit un effet à la fois comique et dérangeant.

En choisissant par exemple de montrer un quadra au sourire figé, puis un deuxième, puis une troisième, pour enfin les réunir eux et leurs sourires, on passe du rire au malaise, une sensation qui s’accroît au fur et à mesure que les scènes prennent un caractère de plus en plus surréalistes. Au final, une représentation aussi déjantée que brillante pour symboliser les effets de la drogue.

Allez, à la prochaine, bonnes idées créatives à vous, et surtout, souvenez vous du message de Bart :


À propos de l'auteur
Consultant en communication et concepteur-rédacteur, Yacine Kouhen coache managers et speakers d’organisations européennes et internationales (Banque mondiale, TED Talks), ainsi que d’entreprises multinationales (Bayer, Linklaters).

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