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Découvrez la risographie, l’impression tendance

Le retour à la risographie est une des tendances majeures 2016 en graphisme, design et art contemporain. Avec son allure « nouveau rétro », la risographie séduit par ses jeux de textures et ses imperfections d’impressions.

Elle pourrait presque sonner comme un gros mot. La risographie n’en est pas moins en passe de devenir la technique d’impression la plus en vogue du moment. Rapide, économique et écologique, les artistes et créateurs raffolent de ses effets « imperfections » et de son charme presque artisanal.

Néo-Ecolo ou Néo-Econo ?

Concrètement, comment ça marche ? Tout droit venue du Japon, la risographie tire son nom de son concepteur, le japonais Riso Kagaku qui l’a inventée en 1986, puis de la marque Riso. Écologique, elle utilise une encre sans solvant (à base de soja) et un film en fibre de banane. N’utilisant pas de toner, elle est également très peu gourmande en énergie. Économique, la « Riso » peut imprimer jusqu’à 185 pages par minute contre une vingtaine seulement sur une imprimante laser classique ! Entre sérigraphie et offset, la technique imprime rapidement de gros volumes à petit prix, sans jamais brader sa qualité. Elle répond donc totalement aux impératifs de production classiques.

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Crédit – PapierMachine.fr

Mais ce n’est pas tout. Son rendu unique – lié au passage successif de la feuille dans l’imprimante et à la superposition des couches de couleurs (bichromie, trichromie ou quadrichromie) – produit des variations de textures et de grains qui rendent paradoxalement chaque travail singulier dans un processus de production en nombre.

Néo-Rétro…

À chaque projet sa solution donc ! Avec son rendu « sérigraphie », la « Riso » a ses propres limites : son séchage est très lent et le passage en machine a tendance à légèrement décaler les couches. Elle permet toutefois de donner le jour à des réalisations aux allures vintage, un rendu mat unique – impossible à obtenir avec un copieur laser – ainsi que d’incroyables effets de superposition.

Vous l’aurez compris, ce sont ces limites justement qui plaisent à nos artistes ! La « Riso » ne fonctionne que sur papier non-couché, c’est-à-dire qui n’a reçu ni traitement, ni pelliculage préalable… Les papiers Munken ou le Cyclus Offset produisent ainsi des effets de texture, un grammage et un rendu des couleurs particulièrement appréciés. « La risographie est une vraie alternative à la sérigraphie. L’impression en ton direct permet d’obtenir des couleurs intenses, fluos et un rendu avec une trame au même prix qu’une impression noir et blanc ! » nous confie Sarah Espeute de Riso Presto.

Pour leur donner vie, l’artiste doit fournir pour l’impression un fichier pour chacune des couleurs. Chaque fichier définit emplacement et intensité. Une intensité faible se traduit sur le papier par des points de couleurs plus espacés tandis qu’une intensité forte produit plus de densité. Cet aspect pointillé est le signe distinctif de la risographie ; en d’autres termes, sa marque de fabrique : « L’aléatoire de sa texture, de sa trame constitue à la fois sa qualité et son défaut », conclut l’Agence Presto.

Oui, on peut le dire : la « Riso » est finalement un peu hipster. Épurer, ne pas polluer ou obtenir des effets de style à bas prix dans une optique back to the basics sont LES recettes d’aujourd’hui.

Riso-Accro

Conséquences ? Les éditeurs, imprimeurs, agences et ateliers de photographie (Fotokino, Après Midi lab, Papier Machine ou Presto Studio pour rester en France) investissent de plus en plus dans cette technique d’impression, incitant les graphistes, artistes et créateurs à investir à leur tour le sujet. « La risographie fonctionne avec un graphisme très particulier, épuré, avec souvent seulement deux couleurs en surimpression. Du coup, elle influence aussi et oriente le graphisme vers une esthétique de plus en plus minimaliste », nous explique le Studio Fotokino basé à Marseille.

La boucle est bouclée et a fait le tour du monde ! L’illustratrice Gala Vanson, Scott Barry dont le travail a été publié dans Good Magazine et Beautiful Decay, le collectif El Famoso qui combine dessins à la main et Riso, mais également le studio We-make it à Berlin, l’imprimeur Lentejas Press à Barcelone, Hato Press à Londres,… Nombreux sont ceux qui utilisent, promeuvent ou vendent cette nouvelle technologie.

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Crédit – BlueTatMan_Risograph_copyrightElFamoso

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Crédit – ScottBarry_copyrightIdnworld.com

Indispensable donc et à tous les endroits de la vie. Chaque année en effet, l’artiste canadien JP King ou « roi du papier », réalise son « Isometric Risograph Calendar ». Imprimé sur du kraft paper 100% recyclable, il combine utopies géométriques modernes et graphiques d’inspiration vintage. Artisanal parce que fait main, élégant parce que rétro, durable parce que recyclable et responsable. L’avenir donc. Version 2017 disponible ici.

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Crédit – JPKingcalendar2015

Et si vous aussi, vous pensiez à la « Riso » pour vos supports ?

Crédits : copyrightGalaVanson


À propos de l'auteur
E.R. est critique d’art et commissaire d’exposition indépendante. Diplômée de l’Ecole du Louvre, elle vit et travaille entre Paris et Bruxelles.

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